Cabeza de Vaca

Cabeza de Vaca

Nicolas Echevarria

22 décembre 2010

Mexique, 112 min, couleur, 1990. IMAGE: 1.1,85 - SON: MONO

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L’odyssée la plus extraordinaire de l’exploration du continent américain.

Après avoir fait naufrage au large des côtes de la Floride en 1528, l’explorateur espagnol Cabeza de Vaca a marché pendant huit ans à travers l’Amérique jusqu’à la côte Pacifique du Mexique. Il fut le premier européen à découvrir ces terres. Au cours de sa quête, pour assurer sa survie, il vécut avec des tribus indiennes aujourd’hui disparues, fit l’apprentissage des secrets de leur vie mystique et accomplit des guérisons miraculeuses.

SynopsisLa presseBiographie de Nicolas EchevarriaInterview de Nicolas Echevarria
La véritable et extraordinaire aventure de l’explorateur espagnol Alvar Núñez Cabeza de Vaca, qui en tant que trésorier de Charles V d’Espagne, s’embarque en 1528 pour la Floride au sein de l’expédition dirigée par Panfilo de Narvaez avec plus de 500 hommes.

La faim, la mort et les maladies déciment l’expédition qui accoste finalement en Louisiane. Après une attaque indigène, il ne reste qu’une poignée d’homme: Alvar, Castillo, Dorantes, et l’esclave maure Estebanico. Cabeza de Vaca survit et est fait prisonnier par un sorcier qui en fait son esclave, avant de l’initier à ses secrets. Libéré au bout de quelques années, il accomplit un long voyage vers la Floride en direction des troupes espagnoles, en accomplissant au cours de son périple des guérisons miraculeuses. Commence alors pour Alvar un voyage où il doit affronter le climat et la solitude; son délire culmine lorsqu’il se trouve confronté à son passé. De façon inattendue, il retrouve ses amis prisonniers d’une tribu indienne; ils s’évadent et poursuivent leur route à travers le Texas, Nouveau Mexique, Arizona et Sonora. Les pouvoirs curatifs de Alvar lui valent l’admiration des Indiens qui le suivent et la désapprobation des siens. Après huit ans ils croisent une expédition militaire guidée par Nuno de Guzman, qui construit une cathédrale au nord-est du nouveau Mexique.

Le film s’achève avec le désespoir et le chagrin de Alvar face à la cruauté de la conquête.

Cabeza de Vaca raconte l’histoire de ce conquérant emporté par la réalité et la fiction du Nouveau Monde en une odyssée hallucinante et grandiose.

Un film absolument sublime, d’une beauté esthétique inégalée, d’une profondeur de propos merveilleuse et en même temps un film d’aventure.
France Inter (Cosmopolitaine)

Une qualité ethnologique mais une qualité esthétique aussi, un film passionnant, très pictural, très beau.
France Culture (La Grande Table)

Cette nouvelle pépite se révèle être un des plus beaux fleurons de ED Distribution.
France 2

Une épopée hallucinante d’un conquistador devenu chaman. Un film résolument tourné vers la contemplation des corps, des rites et des paysages.
Le Monde
L’interprétation hallucinée, très physique, de Juan Diego rend émouvant son personnage de conquistador mystique, protecteur des Indiens au point de devenir un étranger pour les siens.
Télérama

Cabeza de Vaca est un objet filmique non identifié bienvenu : malgré ses 20 ans, sa beauté singulière et son propos sont sans âge.
Les Inrockuptibles

Avec son essence chamanique, ses couleurs hallucinées et sa puissance tellurique, cette révélation tombée du ciel se situe quelque part entre Aguirre, la colère de Dieu de Herzog et La Montagne sacrée de Jodorowski.
Première

Et si la révélation de l’année qui s’achève n’était pas plutôt ce Cabeza de Vaca ? Nicolas Echevarria recrée un monde où l’homme blanc n’était pas seulement l’étranger, l’intrus, mais le monstre, au fil d’images qui paraissent venir de la nuit des temps, de bien avant l’invention du cinéma, et c’est comme une évidence.
Le Nouvel Observateur

Le souffle intense du film tient à la fois aux qualités du metteur en scène et à son empathie sensorielle, intuitive, passionnelle avec le sujet. Il réussit ainsi à éblouir par son élan visuel et son originalité plastique, à désarçonner par l’évocation d’une Amérique inédite sur l’écran, à tenir en haleine par son atmosphère mystique et lyrique. Positif
La force du film, formidablement cadré et presque toujours tourné à hauteur d’homme, est de miser sur l’empathie, sans aucun artifice de post-production.
Les Cahiers du Cinéma

Cabeza de Vaca est une pépite pour chercheur d’or cinématographique, aux frontières de l’Absolu.
Le Canard Enchaîné

Exalté dans sa mise en scène et politique dans son propos, le travail du cinéaste mexicain, probante continuité fictionnelle de son expérience de documentariste, est à découvrir.
Studio Cine Live

Ce film de visionnaire, ce film hallu-ciné, premier long métrage de fiction tourné il y a vingt ans par un documentariste mexicain, était demeuré scandaleusement ignoré.
Une flamboyante approche picturale qui laisse certaines scènes comme autant de moments inoubliables du cinéma.
L’Humanité

Une expérience sensorielle ultime.
Brazil

Cabeza de Vaca est totalement inspiré. Voire quasi envoûtant. Le film immerge totalement dans le périple du conquistador. Un peu (voire même beaucoup) à la façon de Werner Herzog dans Aguirre la colère de Dieu ou de Francis Ford Coppola dans Apocalypse Now.
Rock&Folk

Cabeza de Vaca est une rareté, un voyage fantastique au sens littéral et figuré.
iletaitunefoislecinema.com

lire l’article en entier sur iletaitunefoislecinema.com: http://www.iletaitunefoislecinema.com/critique/4152/cabeza-de-vaca

lire l’interview: http://www.iletaitunefoislecinema.com/entretien/4150/interview-nicolas-echevarriacabeza-de-vaca-est-le-portrait-dun-homme-nouveau

Une véritable expérience religieuse oecuménique, brûlante et enivrante.
Critikat

Cabeza de Vaca appartient à ces miracles, vertigineux et rares, qui procurent cette sensation apaisante de danser avec les anges.
Excessif

lire l’article en entier sur Excessif: http://www.excessif.com/cinema/critique-cabeza-de-vaca-6131812-760.html

Un petit bijou. C’est dans ses élans mystiques que Cabeza de Vaca s’élève au niveau des plus belles oeuvres poétiques de l’histoire du cinéma.
A voir à lire

lire l’article en entier sur aVoir-aLire: http://www.avoir-alire.com/article.php3?id_article=14396

Fresque grandiose, Cabeza de Vaca est un film unique et profondément généreux, doté d’une puissante qualité humaine et cinématographique.
Le Singe Hurleur

“Là où Aguirre, la colère de Dieu baignait dans une atmosphère quasi fantastique, errance hallucinatoire peuplée de fantômes et où les autochtones ne sont que des ombres, Cabeza de Vaca a une approche quasi ethnologique, immersion réaliste au cœur des tribus du Nouveau Monde.”
lire l’article en entier sur FilmdeCulte: http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Cabeza-de-Vaca-3434.html

Nicolas Echevarria est né le 8 août 1947 à Nayarit, Mexique. Il a étudié l’architecture et la musique à Mexico puis part pour New York où il s’intéresse au cinéma.

Il a toujours montré une grande attirance pour le monde magique et religieux des indiens du Mexique que l’on retrouve dans ses films. Ses films documentaires sont reconnus au niveau international.

Dans ses nombreux courts et moyens métrages documentaires, Nicolas Echevarria s’est passionné pour les manifestations religieuses, artistiques et culturelles des indigènes mexicains. Cabeza de Vaca, son premier long métrage de fiction, raconte le heurt de deux cultures à l’époque de la découverte du Nouveau Monde. La « supériorité » espagnole, la foi chrétienne aussi, s’y trouvent confrontés à un autre pouvoir, une autre spiritualité. Le conquérant, l’explorateur, franchit la ligne qui sépare deux mondes et finit par adopter la culture autochtone. Le film recadre aussi la réalité peu glorieuse de la Conquête en éclairant d’un autre jour le mythe de l’Eldorado et les rêves épiques de gloire.

Dans Cabeza de Vaca, Nicolas Echevarria surpasse ses films précédents grâce à un regard sur le monde des Indiens qui leur conserve toute leur grandeur.

Cabeza de Vaca est un projet qui a mis longtemps à aboutir ?
J’ai une certaine trajectoire comme documentariste. Le saut de trapèze à la fiction a été assez dur. C’était comme un premier film, tout ce que j’avais fait auparavant me servit peu. J’ai rencontré une grande méfiance, il m’a fallu plus de six ans pour y arriver. La troisième année, j’étais sur le point d’aboutir lorsque la société publique Conacine suspendait tout, une semaine avant le tournage. Reprendre, une fois que le film était mort-né, a été beaucoup plus difficile. Cabeza de Vaca impliquait une préparation compliquée, des investissements copieux : il a fallu construire des villages, dépenser en vestiaire. Tout ce que nous avons fait une première fois a été perdu, les décors sont tombés en lambeaux. Nous avons dû recommencer à zéro.

Ce qui compte, c’est que le film soit terminé.
Le film est achevé et je suis content qu’il plaise, les éloges m’ont bien stimulé. J’étais devenu un cas pathologique de dignité. Je me voyais déjà assis sur un banc des studios Churubusco de Mexico, suscitant les commentaires des passants : « Voilà le gars de Cabeza de Vaca, ça fait quinze ans qu’il est dessus et il n’a toujours pas réussi à commencer. » Le mauvais sort du film devenait un sujet de sarcasmes. Il suscitait des regrets parmi ceux, nombreux, qui y étaient attachés, mais d’autres me prenaient pour un peu fou : « Rien ne sert d’insister, essaie autre chose, moins cher et ambitieux. » Enfin, avec le changement d’autorités, un des producteurs privés, Iguana. reprit le projet et s’associa à la télévision espagnole, l’Institut mexicain du cinéma (Imcine), la Commission espagnole pour les célébrations du cinquième centenaire…

Il y a un grand nombre de partenaires…
Enormément. Il s’agit d’un film cher qui a coûté plus d’un million de dollars. Pour une production américaine, ce n’est rien, mais au Mexique très peu de films atteignent un tel budget. Ces derniers temps, les Mexicains se voient astreints à cinq semaines de tournage, pratiquement sans changement de locations.
Dans ce contexte, je trouve plutôt sain qu’Imcine ne veuille pas produire seul : ils accordent un crédit de vingt-cinq ou trente pour cent, mais le reste de l’argent, il faut le trouver ailleurs pour partager les risques et éviter les copinages de naguère, autour des responsables d’Imcine, de Conacine ou la direction de Radio, télévision et cinématographie (RTC). Les producteurs doivent risquer et chercher les bonnes affaires. Certains font du cinéma pour l’argent : c’est bien. D’autres le font pour des motifs différents c’est bien aussi. Il faut ouvrir des alternatives de production, éviter que l’Etat soit la seule source de financement.
Cabeza de Vaca est un risque partagé par des investisseurs privés mexicains et des partenaires espagnols et britanniques. Vers la fin, American Playhouse nous a beaucoup aidés, au point de devenir coproducteur. Iguana, une société privée disposant d’un faible capital, a réuni le financement, conjugué tous les apports et planifié la production. Sans que nous ayons eu un but commercial, le film a dû se payer avant même d’être fini, grâce aux ventes anticipées. Cependant, Cabeza de Vaca ne mise pas sur le spectaculaire : je suis en fin de compte un cinéaste intimiste, j’ai mon propre rythme. Certains pensent qu’il est trop lent et ennuyeux, mais cela fait partie de mon style. Tout comme les peintres ou les musiciens, chacun découvre sa manière. Mes sujets ont toujours été la religion, la magie, le mysticisme, les cultures précolombiennes, les disciplines ésotériques, l’ingestion d’hallucinogènes : c’est bien la raison pour laquelle Cabeza de Vaca m’intéressait.

Pourquoi êtes-vous passé du documentaire à la fiction ?
Cabeza de Vaca est une synthèse de tout ce que j’avais fait avant. Le sujet devait forcément m’attirer. Il s’agit d’un soldat espagnol, un trésorier chargé de la comptabilité de l’expédition de Panfilo dé Narvâez (partie d’Espagne en 1527 et arrivée en Floride l’année suivante). Voilà un personnage qui n’a jamais dû imaginer qu’il deviendrait un chaman. La personnalité d’Alvar Nunez Cabeza, de Vaca présente deux aspects fondamentaux. L’un, le plus connu, est celui de l’explorateur : il aurait découvert le Mississippi, selon certaines sources, il a été un des premiers à pénétrer dans le Texas, à découvrir le Nouveau-Mexique, la Louisiane et l’Arizona, et à descendre vers les actuels Etats mexicains de Sonora, Chihuahua et Sinaloa. Un trajet impressionnant, des milliers de kilomètres parcourus à pied, dans un territoire inconnu, sans cartes ni boussole, avec le soleil pour seul repère, jusqu’au golfe de Cortés où il trouva les compatriotes espagnols de l’année de Nuno Beltran de Guzman. Alvar Nunez était alors une véritable loque humaine, après huit ans de marche à travers le continent. Son livre s’intitule Naufragios, mais il ne raconte pas de naufrage.

Votre film est-il fidèle au récit ?
Après le débarquement j’ai pris de grandes libertés, on ne peut pas faire autrement vis-à-vis d’un récit historique. Il n’y avait pas assez d’argent pour porter à l’écran l’Alvar explorateur : cela aurait demandé beaucoup de locations, des paysages très différents, recréer cette sensation d’un homme qui parcourt l’Amérique à pied pendant huit ans. J’ai privilégié l’autre aspect également présent dans son ouvrage : pour une raison qu’Alvar lui-même a du mal à comprendre, il est devenu un shaman. Les Indiens découvrent ces aptitudes chez lui. Après cinq ans, il commence à guérir des gens et à se conduire comme un shaman indigène. Je crois que cela sauva sa vie et celle des trois hommes qui le suivaient, car tous les autres sont morts (l’expédition comprenait de cinq à six cents hommes).

Malheureusement pour Alvar Nunez, lorsqu’il retrouve les Espagnols, il sait que ces huit ans l’ont transformé en son for intérieur. J’aurais aimé réussir à transmettre cela mieux: l’acteur Juan Diego a fait un effort pour désarticuler son espagnol, pour que les gens ne le comprennent pas. Pour les mêmes raisons, je n’ai pas voulu sous-titrer le film, pour confondre les spectateurs : ainsi, lorsque Cascabel est attaché au poteau et se met à crier…

On devine ce qu’il dit.
Certes, mais il vaut mieux ne pas comprendre. Même chose lors des adieux d’Alvar et Cascabel : il est hystérique et essaie de faire comprendre à l’indien qu’ils doivent se séparer, car les Espagnols sont tout près et sa vie est en danger.

Les ajournements successifs du tournage ont-ils aidé à une décantation ?
Absolument. Il s’agit de mon début comme metteur en scène de fiction, je n’avais jamais dirigé un acteur. Avant le tournage, je me suis fait un peu la main en vidéo avec quelques comédiens. Les producteurs m’ont accordé carte blanche: une scène comme celle de la croix semblait une folie. Elle est d’ailleurs un peu hors du film, qui finit pour moi lorsque Alvar découvre le cadavre de Cascabel. C’est une sorte d’épilogue, une image de la conquête qui est restée dans ma tête. La croix ne peut pas être portée par le nombre de gens qu’on voit, personne les surveille, il n’y a pas de soldats, ils ne sont pas enchaînés… Mon idée, c’est que la richesse du Mexique nous a rapporté davantage de pauvreté que de richesse : je parle du pétrole, de l’or et de l’argent. La conquête du Mexique, provoquée par l’or, se traduit par un vaste pillage. Voilà un peu ce que représente pour moi cette croix.

Votre film répond à une conception plus sensorielle que narrative ?
Tout à fait. On me reproche parfois d’être resté trop « documentaire ». Je refuse cette critique, puisque le documentaire est aussi digne que le cinéma de fiction. Il y a des documentaires qui constituent des chefs-d’oeuvre, plus passionnants que les films de fiction. J’ai une formation de documentariste car il est vraiment difficile de faire du cinéma au Mexique. Je souhaiterais qu’on puisse tourner trente ou quarante bons longs métrages par an.

Nous avons une bonne industrie cinématographique, comme le prouvent toutes les productions étrangères qui choisissent le Mexique. Mais le talent s’est complètement dégradé : nous avons perdu des scénaristes, des comédiens… les techniciens sont toujours là. Je considère particulièrement grave l’absence d’écrivains. Imcine devrait stimuler de bons projets et ensuite les attribuer à un metteur en scène. Cela peut sembler un schéma plutôt hollywoodien, mais souvent les scénarios au Mexique ne sont pas à la hauteur des ambitions des réalisateurs. Des cinéastes qui ont du métier travaillent sur des scénarios médiocres. Il n’y a pas d’écrivains qui travaillent pour le cinéma, et d’ailleurs un bon écrivain n’est pas forcément un scénariste. Un bon scénario peut demander un an de travail, et pourtant ce n’est pas assez bien rémunéré. Guillermo Sheridan et moi-même, nous avons travaillé pendant quatre ou cinq ans, il y a eu treize ou quatorze versions du scénario.
Comme le tournage était sans cesse remis, j’avais l’obsession des changements pour améliorer le projet. Par ailleurs, le film tourné s’écarte du scénario. L’empressement du tournage m’a obligé à synthétiser certaines séquences, des acteurs m’ont déçu ou bien je ne suis pas arrivé à les diriger correctement, des personnages ont perdu de l’importance tandis que d’autres se sont étoffés.

Plusieurs séquences sembleraient filmées par un documentariste de 1530…
Oui. Parfois je me plagie moi-même, je recrée des situations vécues que je n’avais pas réussi à filmer. J’ai fait beaucoup de choses comme documentariste, mais les plus belles que j’ai vues. je ne suis pas arrivé à les enregistrer. J’ai vécu deux ans parmi les Huicholes, parmi les Coras… Au lieu d’aller à l’université, je suis monté à la Sierra. Les Indiens ont été ma véritable passion. Surtout leur mystique et leurs techniques pour atteindre l’extase, plutôt que la question indigène sur un plan ethnographique ou folklorique. Voilà pourquoi j’ai travaillé avec des gens comme Maria Sabina qui utilisent les hallucinogènes ou mangent le peyotl. Tout cela date d’avant la Conquête, il y a une sorte de syncrétisme entre le christianisme et d’autres religions. Dans Cabeza de Vaca il y a des exemples très simples tels que la magie à distance, lorsque le sorcier blesse le géant. Ce sont des phénomènes que j’ai vécus au quotidien parmi les Huicholes de la Sierra.

La conception plastique du film est sans doute l’une des plus réussies qu’on ait réalisées au Mexique…
Un élément en notre faveur, c’est que le film ne traite pas des Mayas ou des Aztèques. Ces grandes cultures possèdent une telle charge iconographique que les représenter sur l’écran devient dangereux, on risque de tomber dans l’Indien de profil, avec encens et pyramides.
En revanche, dans le cas de Cabeza de Vaca, nous devions inventer des peuples et des idiomes indigènes malheureusement disparus. 1l s’agissait en général de groupes de familles vivant de chasse et de cueillette, se déplaçant à la recherche de nourriture tout au long des territoires du Nouveau-Mexique, de l’Arizona et du Texas. Cela nous laissait une grande liberté. Tous les éléments utilisés, la boue, le maquillage, sont très simples et bon marché.

La musique de Mario Lavista à-t-elle été composée sur l’image ou d’après une partition préexistante ?
Mario Lavista commença à travailler uniquement après avoir vu les images et surtout le tempo du film. Il est un musicien très scrupuleux, sa composition s’intègre de manière très précise. Je lui avais demandé une musique tonale, contrairement à ses habitudes. Nous voulions procéder à un syncrétisme entre l’Occident et la musique indigène. Mario Lavista n’est pas du tout un compositeur nationaliste, il a d’autres influences.
Dans Cabeza de Vaca comme dans les films précédents, il a composé la musique parce que j’ai insisté, par amitié, il ne se consacre point au cinéma. J’en suis très content.

Combien de temps dura le tournage ?
Huit semaines, dont une pratiquement perdue en transport. Nous avons tourné dans de nombreux endroits, les quatre principaux étant Nayarit (autour de San Blas), Torreon, Gomez Palacios et Parras. Le déménagement prenait à chaque fois une journée.

Propos recueillis par Leonardo Garcia Tsao et publiés par la revue Dicine n° 38 (Mexico) en mars 1991, puis traduits de l’espagnol par Paulo Antonio Paranagua pour Positif (n° 373 de mars 1992).