The Tune

The Tune

Bill Pymton

4 décembre 2002

Etats-Unis - 1992- 72 mn - couleur

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Le héros de ” The Tune ” (” La Chanson “), Del, est un jeune compositeur déterminé qui cherche toujours ” le tube ” qui fera de lui une star ou au moins lui assurera un revenu suffisant pour qu’il puisse épouser sa chère et tendre Didi, timide secrétaire chez Mega Music. Malheureusement, leur détestable patron, Mr Mega, lance un ultimatum à Del : composer un ” Hit ” en 47 minutes où il est viré… Débute alors pour notre petit pianiste, un extraordinaire voyage…

PresseInterview de Bill PlymptonLes chansons du film
Stupéfiant et extraordinaire !!
The Tune est le Yellow Submarine des années 90. Bart se gondolerait de rire.
Matt Groening – créateur des “Simpson”

Studio***: le dessin animé le plus enthousiasmant, le plus fou et le plus poétique de l’année. Un voyage enchanteur et enlevé qui témoigne une fois encore de la maestria de cet iconoclaste surdoué.

CinéLive***: une délirante comédie musico-déliro-cartoonesque. Bill Plympton prend l’intrigue du film comme prétexte à une espèce de Alice aux pays des merveilles déjanté, à une odyssée sous champignons hallucinogènes dans une ville imaginaire.

Télérama: pour l’effet “quelques gouttes d’ecstasy diluées dans une grande tasse de thé”, The Tune s’approche de Yellow Submarine. Le reste lui appartient en propre: cette alternance d’atonie et de delirium grinçant, cette idée d’un homme seul sans cesse assailli par l’infinie transformation d’un monde ambigu, intérieur-extérieur, à la fois né de sa tête et hors de sa portée.

Aden: besoin d’un grand coup de fouet joyeux ? Foncez voir The Tune. Une heure dix de délire qui fait du bien.

Première: une créativité folle et un sens de l’absurde sans équivalent.

Pariscope (coup de cœur): le dessinateur à l’humour corrosif se livre sans complexe à ses distorsions corporelles délirantes, à ses fantasmes. Un mélange follement original de romantisme fleur bleue, de gore, d’inventivité.

Zurban***: une comédie musicale ébouriffante d’invention. Ce qui prouve que, dès ses premiers pas, Plympton était déjà un immense “cartoonist”.

Le Canard Enchaîné: un ironique et parodique film d’animation sur le showbiz. Satire et ça fait un cartoon.

Le Figaroscope: un véritable feu d’artifice ponctué par du rockabilly, du blues, de la country, de la surf-music. Virtuose !

Rock&Folk: le coup de crayon moqueur et poétique, Bill Plympton se fourvoie dans le sexe rigolo, la violence moqueuse et le surréalisme post-Tex Avery.

Mad Movies: associé à la compositrice Maureen McElheron, le dissident Plympton, déjà adepte d’un gore cartoonesque chirurgical, parvient néanmoins à ménager une véritable fraîcheur et une innocence non feinte.

TéléCinéObs**: une idée à la seconde. The Tune révèle Bill Plympton, futur trublion du cartoon américain.

Le Point**: c’est entendu: Bill Plympton est un génie! Cette étonnante comédie musicale prouve que Plympton réussit toujours à enchanter l’oeil et l’esprit.

L’Express**: c’est le premier mais aussi le meilleur film de Bill Plympton, dessinateur totalement imprévisible à force de délires animés. Ça chante, ça danse, ça castagne, ça rêve, ça s’aime…

Les origines de ‘The Tune’ remontent au milieu des années 70. Je jouais dans le groupe country de Maureen McElheron et ses chansons étaient fabuleuses.Le genre de mélodies qui vous collent à la tête. Je voulais pouvoir travailler avec elle plus tard sur mes films. En 1986 nous avons travaillé ensemble sur ‘My Face’ (Mon Visage) qui a beaucoup attiré l’attention et même une nomination aux Oscars. Je l’ai naturellement rappelé pour ‘The Tune’.

J’ai fait ce film pour m’amuser. Je pensais qu’il se jouerait peut-être parfois à des scéances de minuit, et que si je faisais tout moi-même je rentrerais dans mes frais.Le film n’a coûté que 175.000 $. J’avais dans l’idée de faire une comédie musicale fantaisiste comme ‘Yellow Submarine’, en utilisant toutes les courants musicaux que Maureen et moi aimions, du rockabilly au blues en passant par la surf-music. Un film très orienté sur les racines musicales, modestes, sans synthétiseurs. Rien à voir avec l’habituel orchestre à 200 pièces dirigé par John Williams!

J’ai fait un rapide story-board puis j’ai laissé les musiciens écrire les chansons avant de retourner chez moi pour faire les dessins. J’écoutais la musique au casque et dessinait tout ce qui venait à mon oeil intérieur. Il y a deux messages dans ce film. L’un est que l’art vrai se trouve à l’intérieur de soi et non en voyageant autour du monde ou en lisant des livres. L’autre est que dans ce monde de divertissements d’entreprise, on peut encore faire un petit film divertissant tout seul, sans s’entourer d’une légion d’avocats et de comptables.

Pour payer ‘The Tune’ j’ai loué des sections du film à MTV et à ‘The Tournee of animation’, sachant que les agents d’Hollywood me jetteraient de leur bureau en riant. Ils n’auraient pas l’humour nécessaire pour accéder à des images telles que le train sortant de l’oeil pour rentrer dans l’oreille. Le film s’est auto-produit et heureusement les publicités pour Nutrasweet et Trivial Poursuit y ont aussi contribué. J’ai construit le personnage de ‘Gus Le Sage’ en trainant dans des boutiques mystiques orientales et en y lisant des textes. J’adore ces trucs. J’ai aussi piqué des trucs des séries télé. Je me nourris de tout.

Ca m’a pris deux ans et demi de travail intense. J’avais à l’époque fait huit courts métrages, qui étaient drôles et rémunérateurs mais j’avais besoin de faire ce pas. Enfant je rêvais de faire ‘Alice au pays des merveilles’. J’avais vu tous les Disney, mais je dois reconnaître que je préférais ce que faisait la Warner Bros., des gens comme Chuck Jones et Tex Avery.

J’ai fait beaucoup de caricatures et de dessins en n’imaginant pas que l’on pouvait faire son propre film d’animation. Mais au début des années 80 l’animation a pris son envol et je suis en quelque sorte tombé là dedans. J’ai monté ma petite boutique, juste moi et une autre personne. Pour ‘The Tune’ deux autres personnes. Mon style est très simple, ‘juste des crayons et du papier’. Disney est un orchestre symphonique . Je suis un ‘garage band’. Plutôt cru, avec plein d’erreurs, en fait très humain. J’entre dans une sorte de transe-Zen à ma table à dessins , en écoutant de la musique, et en faisant le coloriage.

Collaboration
J’ai appelé Maureen et je lui lui ai dit : “faisons un long métrage, mettons ensemble tes chansons et mon animation dans un film”. L’idée lui a tout de suite plu. On s’est vus le lendemain pour discuter du concept de l’histoire. Ce jeune homme qui essaie d’écrire un tube a toujours été l’idée de base. De petites ramifications ont changé en cours de route, mais l’idée de l’auteur de chansons parti en pèlerinage pour écrire la chanson parfaite ou trouver sa sensibilité artistique est restée.

Nous avons commencé avec deux chansons : “Lovesick Hotel” et “Tango Shmango”. C’étaient des idées que j’avais en tête. Un hôtel dans lequel on se rend pour se suicider. Au fond, c’est comme le “Heartbreak Hotel”, en plus grave. Comme si la famille Addams vivait au “Heartbreak Hotel”. Vous allez là-bas pour mourir. Avec ce genre d’idée, j’imaginais une animation plutôt rigolote. Après, j’ai fait “Tango Shmango”, un concept totalement différent qui faisait appel à la rotoscopie : des acteurs jouent la scène, et moi, je les anime. En allant plus loin, je les ai rendus surréalistes. Des choses surréalistes leur arrivent alors qu’ils dansent. Je leur donnais un aspect très réaliste puis je les changeais en cubes ou tout autre chose. Le fait qu’ils soient assez réalistes, renforçait l’aspect comique. Ensuite, je crois que j’ai fait “The Wise Man”. Il s’agit d’une espèce de gourou qui devient vraiment fou. C’est plus proche de mon style de dessin traditionnel.

Nous avons décidé de faire le film ainsi. Nous ferions un court, le vendrions, et utiliserions l’argent pour financer la chanson suivante. Et ce jusqu’à la dixième chanson. A la fin, l’argent devait suffire pour faire tous les passages entre. Puis j’ai commencé à recevoir des demandes pour des publicités. Plein de choses. Il y en avait deux pour “Trivial Pursuit”, et deux pour “Nutrasweet” à Los Angeles. J’ai gagné tant d’argent avec que ça a payé le film d’un coup.

1. Daniel Neiden ‘My love for you’
2. Marty Nelson ‘Flooby Nooby’
3. Maureen McElheron ‘Home’
4. Larry Campbell ‘The Wiseman’ (instrumental)
5. Emily Bindiger ‘Good Again’
6. Ned Reynolds’Dig my do’
7. Jeff Knight ‘Lovesick Hotel’
8. Jimmy Ceribello ‘No Nose Blues’
9. Hank Bones ‘Dance All Day’
10. Marty Nelson ‘Love is my Bottom Line’
11. Maureen McElheron / Daniel Neiden ‘Be my only Love’
12. Maureen McElheron / Daniel Neiden ‘Good Again’ (reprise)