Mondo Plympton

Un film de Bill Plympton

États-Unis - 1987/99 - 60 min. / animation

Sortie en salles : 22 novembre 2000

Le meilleur de l’univers de Bill Plympton.

Bill Plympton est né en 1946 aux États-Unis. Il est l’auteur de nombreux courts métrages primés dans le monde entier, notamment à Cannes et aux Oscars. Il est également le créateur des Plymptoons de MTV, illustrateur et auteur de bandes dessinées publiées dans le New-York Times, Vogue, Village Voice, Rolling Stone ou Penthouse. Son univers comique est empreint d’absurde et de surréalisme. Le programme réunit ses courts métrages, réalisés avant et après L’Impitoyable lune de miel !

Mondo Plymton

Le programe

How To Make Love To A Woman (95),
Your Face (87),
How To Kiss (89),
25 Ways To Quit Smoking (89),
Dance All Day (92),
Push Comes To Shove (92),
Faded Roads (94),
Nosehair (94),
The Exciting Life Of A Tree (98),
Surprise Cinema (99),
Sex & Violence (97).

La presse

Première***: Concentré de ses meilleurs courts, Mondo Plympton reflète une créativité insensée. Bill Plympton a des tas d’idées en pagaille et un bel énervement communicatif contre les préjugés de ses contemporains, surtout quand ils sont américains.

Les Inrockuptibles: Un florilège, bête, méchant et surréaliste de courts métrages de Bill Plympton, président des Etats zarbis et auteur de dessins animés pour adultes le plus impolitiquement correct des Etats-Unis.

Télérama: Des courts métrages d’animation au ton joyeusement subversif, dans lesquels Bill Plympton façonne à la main des petits Mickey pas du tout normés. Le tout nimbé d’une aura underground dont se font l’écho les nouvelles stars du genre, Matt Groening (Les Simpson), Mike Judge (Beavis&Butterhead), Parker et Stone (South Park).

L’Express: Un régal d’amusement et d’ironie, signé par un homme de génie. On rit beaucoup, et soudain vient l’envie furieuse de fermer les salles de cinéma pour ne laisser ouverte que celle qui projette ce Mondo Plympton. Vision obligatoire.

Le Monde: Bill Plympton se reconnaît deux maîtres: Robert Crumb et Roland Topor. A l’un, il emprunte une manière très américaine de pervertir les conventions érotiques; à l’autre une agressivité iconoclaste.

Le Point: Attention: génie… Fils spirituel de Magritte et de Tex Avery, Bill Plympton est l’un des plus brillants cinéastes d’animation contemporains. Le réalisateur brille de mille feux surréalistes et enchante grâce à son imaginaire visuel, son coup de crayon inimitable, son goût pour les associations d’idées saugrenues. Une merveille!

Studio: Le trait simple, épuré et le ton ravageur font de ces petits films des bijoux d’humour noir. Plympton, génie de l’animation à ne pas manquer, nous entraîne dans un univers délirant.

Les Cahiers du Cinéma: Des courts métrages qui permettent d’apprécier le génie graphique de Plympton, l’un des plus impressionnants depuis Tex Avery. Sa vision de l’Amérique est d’une hilarante férocité.

Nova Mag: Chaînon manquant entre Tex Avery et Russ Meyer, Bill Plympton et son cinéma d’animation survolté de retour avec une compil nickel.

Mad Movies: Une compilation de courts métrages du pape de l’animation outrancière, gore et cul, surréaliste.

Rock&Folk: Les mille et un délires de Bill Plympton, surnommé à juste titre le nouveau Tex Avery américain. Pour ne pas rire, il faut vraiment avoir la bouche cousue.

L’Ecran Fantastique: Pape de l’absurde, de la récupération et de la déraison, Bill Plympton est le plus insoumis des animateurs américains. Dans chacune de ses oeuvres, il expose avec jubilation sa vision immorale du monde.

Max: Pour ceux qui ont toujours rêvé que Blanche-Neige zigouille un à un les sept nains à coups de bazooka, ceux qui préfèrent Fritz the Cat à Candy et les amateurs d’humour décalé, surréaliste et iconoclaste.

Le Canard Enchaîné: Cette heure de courts métrages se déguste comme une boîte de chocolats, qu’on n’arrive pas à quitter. Dangereux pour la folie mais bon pour la rate.

L’Humanité: Un florilège de films d’animation de Bill Plympton, provocateur américain alliant expressivité graphique et vision sarcastique des rapports humains et de la société.

Pariscope: Un univers noir, absurde et drôle, qui rentre dans le lard du puritanisme.

Zurban: L’univers de Plympton, peuplé de gags absurdes et de transformations physiques, est exceptionnellement désopilant et décapant. Son coup de crayon rageur est d’une inventivité et d’un culot à couper le souffle. Tout ceci pour dire que Bill Plympton est un génie qu’il faut découvrir de toute urgence.

L’Officiel des Spectacles: Humour, dérision et surréalisme. Les influences aussi diverses que les Marx Brothers, Walt Disney ou Magritte se ressentent dans cette oeuvre aux gags farfelus et réjouissants.

Interview de Bill Plympton

On raconte que le climat pluvieux de l’Oregon a favorisé votre goût pour le dessin? Quand avez-vous senti que vous aimeriez être animateur?

C’est vrai. Il pleuvait sans arrêt et je devais rester à l’intérieur. Alors je passais le temps en dessinant et en inventant des histoires. C’est à l’âge de 4 ans en voyant les premiers dessins animés de ‘Pato le chat’, que sont nées mes premières envies de faire du dessin animé.

Vos parents vous encourageaient-ils?

Ils ont toujours appuyé mon intérêt pour l’art. Ils m’ont acheté une table à dessiner, du matériel que je n’ai pas tardé à mettre à profit.

Est-il vrai que lorsque vos parents vous envoyèrent à Disneyland vous n’avez pas pu faire les attractions car vous aviez dépensé votre argent pour un livre sur Disney?

C’est en 1958 que je suis allé avec ma tante et 20 dollars en poche à Disneyland. J’ai acheté un livre, ‘L’art de l’animation chez Disney’ et il ne me restait rien pour les attractions. Mais je crois que ça valait la peine.

À partir de 1968, c’est le début d’une carrière prolifique comme caricaturiste et illustrateur dans la presse quotidienne. Etait-il important de garder l’esthétique et le style de ces premiers travaux dans vos futures œuvres animées?

Quand on fait des dessins politiques, il est important de travailler vite et de faire une économie de traits. La simplicité et la rapidité ont toujours été des éléments déterminants qui contribuèrent à mon émergence comme créateur de dessins animés. J’ai essayé de conserver cela au maximum dans mes films.

Pourquoi avoir abandonné le dessin de presse?

C’est très simple. À la sortie de ‘Your Face’, mon rêve de jeunesse de devenir créateur de dessin animé était devenu une réalité qui prenait tout mon temps et je voulais y consacrer toute mon énergie.

Quelles sont les influences littéraires, cinématographiques et artistiques qui vous firent acquérir ce sens de l’humour surréaliste et cruel qui définit parfaitement votre travail?

Des gens comme Roland Topor, Tex Avery, Bob Clampett, Walt Disney ….. et Quentin Tarantino.

Pourquoi avez-vous toujours apprécié Disney alors que votre esthétique et votre discours ont toujours été si peu Disney?

Je n’y peux rien, c’est au-dessus de mes forces. Quand j’étais enfant son imagination et ses personnages m’ont terriblement influencé et je suis toujours aujourd’hui le premier à aller voir ses nouveaux films. Mais quand je dis qu’ils m’influencent toujours, je parle de leur conception du marketing, de promotion et de distribution… À ce niveau, ils n’ont jamais eu de rival.

En de nombreuses occasions vos films ont adopté une structure très rigide: ’25 ways to quit smoking’ ou ‘How to kiss’. Pourquoi utiliser cette forme narrative? Pensez-vous que l’humour surgisse du contraste entre un ton sérieux et la folie, le surréalisme des gags?

Je crois que je ne fais qu’utiliser la même structure que dans mes dessins. Le contraste entre le sérieux et des faits surréalistes est assez proche de ce que faisaient les Marx Brothers, quand ils confrontaient leur anarchie et leur folie humoristique avec des atmosphères d’opéras de grande élégance.

En ce sens, les voix off jouent un rôle très important dans vos courts métrages. Comment choisissez-vous ces voix qui renforcent l’effet comique de l’animation?

Il s’agit toujours de voix sérieuses et autoritaires, ce qui bien sûr contraste extraordinairement avec la folie des images.

L’agression du corps humain, la distorsion de l’anatomie sont une autre constante de vos dessins animés. Peut-on en parler ?

Vous sentez-vous héritier de l’avant-garde picturale de l’entre-deux guerres qui modifièrent de manière radicale la représentation classique du corps humain? Pour un illustrateur il est important de savoir dessiner les corps et les visages. Pour obtenir en plus que cela soit drôle, j’ai toujours cherché à ajouter quelque chose de tordu dans le dessin : une distorsion ou une perspective surréaliste. Quand je suis passé à l’animation, j’y ai trouvé l’opportunité de pousser plus loin cette distorsion. Je crois que la seule influence que j’ai de l’entre-deux guerres est celle de René Magritte.

Si l’animation est la place du cinéma où le créateur est absolument responsable de ce qui apparaît à chaque image, alors vous êtes l’animateur par excellence. Pourquoi faîtes-vous absolument tout? Quelles sont vos méthodes de travail? Pourquoi vous passez-vous d’un travail en équipe, jusqu’à devenir une sorte d’artisan seul face au danger ?

Je peux résumer cela en quatre raisons :
– C’est moins cher si je contrôle tous les aspects artistiques.
– C’est plus rapide : que vous le croyiez ou non, je peux réaliser une scène animée en moins de temps qu’il ne me faudrait pour l’expliquer à une autre personne pour qu’il le fasse.
– Aucun autre dessinateur ne peut voir ce que j’ai dans la tête et imaginer les dessins comme je les vois puis les réaliser.
– Je trouve cela plus amusant de tout faire moi-même.

L’animation est un domaine qui permet de façonner des images qu’il serait impossible ou très difficile de réaliser en images réelles. Nombre de vos films font preuve d’un certain esprit et il semble que le trait aille à la même vitesse que votre imagination.

Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup et l’humour me permet de m’exprimer d’une manière beaucoup plus visuelle. Il y a tout un domaine de l’animation pour adulte et sur la violence qui est inexploité et parfois je me sens comme une sorte de Christophe Colomb découvrant de nouveaux mondes, de nouveaux langages humoristiques.

Dans ‘How to kiss’ naît un sens de l’érotisme que vous vous chargerez de développer dans la suite de votre travail. À quel point est-il important que vos personnages soient sexués?

Le genre n’a jamais été l’une de mes préoccupations. Le court métrage ‘How to kiss’ est inspiré d’une illustration pleine page que j’avais faite pour la revue Rolling Stone et qui s’appelait ‘How to Kiss’. Le retour du public avait été très bon et j’ai donc décidé de la développer en un court métrage de 7 minutes. Je sais que le baiser est un thème passionnant aussi j’ai décidé d’en montrer plusieurs formes qui pouvaient mal se finir, sachant que cela ferait rire.

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec MTV.

MTV m’a souvent restreint dans mon travail aussi bien en temps qu’en contenu, mais en même temps je leur suis très reconnaissant : ils m’ont toujours bien payé et tout ce que j’ai fait pour eux a été vu par beaucoup de gens dans le monde.

Et pour les publicités? Comment travaille-t-on dans ce cadre et avec la censure?

Pour moi il est très important de faire des publicités. Ces publicités sont largement vues et cela me rapporte de l’argent. Mes courts métrages ne me font pas perdre d’argent mais mes longs métrages m’ont rarement permis de récupérer ce que j’y avais investi. Je dois faire des publicités pour les financer. Quant à la censure, deux de mes publicités ont été retirées de l’antenne à cause de leur violence : celle pour Soloflex en 1991 et celle pour la loterie de l’Orégon de 1992.

Sex and violence’, un de vos derniers courts métrages approfondit la ligne violente et noire de ‘L’Impitoyable lune de miel!’ Quelles sont les origines du projet?

Il contient un bon nombres de gags qui ne collaient pas dans ‘L’Impitoyable lune de miel !’, aussi quand j’ai commencé à faire le tour des festivals avec le film, j’ai commencé à animer les gags du court métrage. J’ai été surpris de la popularité de ce travail. Tout le monde en Amérique dit qu’il y a trop de violence et de sexe à la télévision, aussi je ne pensais pas toucher un tel public. Qu’il devienne mon court métrage le plus populaire a été une vraie surprise pour moi.

Dans le débat actuel sur la représentation de la violence, vous adoptez une attitude combative.

Je pense que la violence est la base de tout humour de qualité. ‘Punch et Judy’, ‘Laurel et Hardy’ ou ‘Les Trois Stooges’. Nous ne comprenons pas pourquoi, mais les accidents qui arrivent aux autres nous font rire. Je cherche seulement à trouver une forme particulière ou spéciale de provoquer ‘des dommages’ à d’autres et je sais que les gens riront. – Depuis quelques années, le terrain du dessin animé pour enfants a été rattrapé par une sensibilité ‘underground : ‘Les Simpson’, ‘South Park’ sont-ils en train de créer une nouvelle sensibilité chez les jeunes spectateurs? Enfants j’adorais ‘Bugs Bunny’ et ‘Le Canard Lucas’. Je crois qu’aujourd’hui ils sont autant d’actualité, adultes et sophistiqués que ‘South Park’ et ‘Duckman’. Je ne crois pas qu’il y ait actuellement beaucoup de différence avec ce qui se faisait quand j’étais enfant. – Pourquoi croyez-vous que l’underground ait rencontré un tel terrain de prédilection par le biais de l’animation pour la télévision? Je ne peux répondre qu’en ce qui me concerne. Ce que je recherche dans les divertissements actuels sont les plaisirs que me procuraient mon penchant pour Robert Crumb et la musique rock qui était très subversive.

Quels animateurs vous intéressent actuellement?

Mary Newland, Peter Chung, Nick Park, John Kricfalusi……..Robert Crumb, Geof Darrow et Franck Miller.

Quel sera votre prochain long métrage?

Cela s’appellera ‘Mutant Aliens’. Il y sera question d’une attaque extraterrestre contre notre gouvernement, bien que l’histoire prenne une tournure inattendue. J’en ai publié le scénario pour faire de la publicité et rapporter de l’argent. J’y utiliserai le même style que pour ‘L’Impitoyable lune de miel !’.