Un obsédé sexuel qui est prêt à subir toutes sortes d'humiliations pour satisfaire ses envies et s'introduire dans la maison de la prostituée itinérante qui séjourne quelques jours dans le village, un vieil homosexuel qui aimerait assister à la veillée funèbre de son amant mais craint les foudres de sa belle-famille, un messie local errant dans la campagne, quelque peu enclin à prêcher et à faire des miracles. Tels sont les trois héros de ce film farfelu et grotesque.

LES RÉALISATEURS
Ciprì et Maresco, enfants terribles du cinéma italien, sont considérés comme les cinéastes les plus originaux de leur pays. Fermement révoltés contre la médiocrité du cinéma italien contemporain, ses comédies hypocrites et narcissiques au flot ininterrompu de paroles, et surtout ses films politiques qui se veulent dénonciateurs de l'injustice. Les deux réalisateurs, qui rejettent les paresses narratives, ne sont pas préoccupés par l'écriture d'un scénario bien construit et porteur de sens. Ils privilégient l'improvisation, les longs plans fixes, les silences, le noir et blanc, les dialectes, les paradoxes et provocations.
Revendiquant l'influence du cinéma classique hollywoodien (John Ford, Howard Hawks, Laurel et Hardy), et manifestement imprégnés des films de Pasolini et de Bunuel, Ciprì et Maresco font ensemble, depuis 1986, des films qui baignent dans la culture populaire de leur ville, Palerme, et dans lesquels on retrouve cet humour si caractéristique empreint d'une dimension tragique et métaphysique (voir par exemple Pirandello).
LE FILM
Toto qui vécut deux fois a été montré en sélection officielle à Berlin en 1998 et interdit en Italie avant même sa sortie: “Ce film est une attaque contre le sacré, contre l'homme. Rien ne peut être coupé. Il s'agit d'un non message, inutile et pervers, totalement négatif” a déclaré l'un des censeurs. Ce à quoi les réalisateurs répondent: “Notre film est un film religieux avec un sens du sacré tout autre que le blasphème. Certes, notre messie est de Palerme, il n'a rien de traditionnel.” De nombreux cinéastes, fervents admirateurs de l’œuvre de Ciprì et Maresco, les ont beaucoup soutenu au moment du procès ; Bernardo Bertolucci, Marco Bellocchio, Fernando Solanas, Mario Monicelli, Guiseppe de Santis et Mario Martone par exemple.
LA PRESSE
Ce film est un des meilleurs de la décennie. Un film sublime interdit en Italie après avoir mis dix ans à sortir en salles.
Libération
Une mise en scène admirable, l’usage d’un élégant noir et blanc, des cadrages dignes du cinéma classique hollywoodien et une atmosphère de fin du monde qui fait de la Sicile de Totò l’image ultime de notre monde contemporain. Corrosif, burlesque et érotomane, ces deux cinéastes impressionnent.
Les Inrockuptibles
Monstrueux et blasphématoire, le cinéma de Ciprì et Maresco est une sorte de bras d’honneur adressé, à l’Italie berlusconienne. Une curiosité à découvrir pour les amateurs d'objets sulfureux et de radicalité esthétique.
Le Monde
En ces temps de provoc planifiée et aseptisée, l’entreprise malsaine et subversive de Ciprì et Maresco relève d’un mauvais genre plus que jamais salutaire.
Les Cahiers du Cinéma
Travaillant une esthétique minimaliste faite d’un noir et blanc contrasté, les auteurs envoient de leur Sicile natale un cri de rage qui n’est pas prêt de s’éteindre.
Positif
Dérangeant, mal aimable, cruellement beau… et horriblement indispensable.
Première
Un film affreux, sale et méchant et terriblement jouissif, à ne pas laisser entre toutes les mains. Filmé dans un noir et blanc granuleux, ce film séduit tout autant par son culot que par la haute qualité artistique de l'ensemble.
Studio Ciné Live
Le film est un pur bloc d'étrangeté acide et inclassable, un film littéralement monstrueux, porté par une puissance figurative sidérante.
Chronicart
C’est un cinéma que les grolandais Gustav de Kervern et Benoît Délépine ne renierait pas. On ne peut pas dire que l’on voit ça toutes les semaines. Totò qui vécut deux fois mérite d’être vécu !
Brazil
Censuré il y a onze ans la veille de sa présentation à la Mostra de Venise pour son côté blasphématoire, il faut aujourd'hui voir ce Totò, le film le plus iconoclaste de l'année.
Le Figaro
Provocation antireligieuse ? Les deux réalisateurs Daniele Ciprì et Franco Maresco visent plus haut, là où le grotesque rejoint le sublime. Voilà un évangile hallucinant. Pasolini, à côté, c’est un enfant de chœur !
Le Canard Enchaîné
Un film singulier qui évoque l’âge d’or d’un certain cinéma italien, irrévérencieux, burlesque et sexuellement troublant, aux accents pasoliniens.
D-Side
Il est moins question de choquer le bourgeois ou de cracher sur la religion que de trouver du sacré dans l’impur. Ciprì et Maresco superposent les époques selon un principe proche de l’uchronie pour dépeindre un univers entre la beauté antique et la crasse ordurière.
Excessif/DVDrama
Totò qui vécut deux fois est ainsi, plus que la bizarrerie de l'année, l'un des films les plus fous, libre et énervé qu'il nous ait été donné de voir depuis fort longtemps.
Fluctuat
Formellement magnifique, le film provoque pour secouer son spectateur, et faire percer, derrière la franche rigolade, le sentiment de l’absurde et du tragique.
Critikat
Blasphématoire, obscène et formellement sublime, ce Totò, l’anti-héros est une obligation cinéphilique pour tout amateur de curiosité formidable qui se permet d’oser !
A voir A lire
Entre l’asile psychiatrique, les routes désertes et les chemins de traverse, voici une ballade cocasse à l’ombre bienveillante des grands réalisateurs, Pasolini en parrain spirituel.
Culturopoing
On est devant une œuvre transgressive, surréaliste, parfois drôle, souvent cruelle, qui a sa place sur les écrans et qui demande notre considération.
Le Club des Monstres
La crasse au service de l’impolitiquement correct, un film perturbant, original et étrange à voir sans tarder.
Altritaliani.net
Révoltés contre la médiocrité de la production cinématographique italienne, le duo de réalisateurs exprime avec acidité et humour, la cohérence libertaire de leur univers visuel et narratif.
L’Officiel des spectacles
« Ciprì et Maresco sont deux monstrueuses figures du cinéma italien ancrées dans le terreau sicilien, et totalement méconnues en France. » Jacques Mandelbaum - Le Monde
« Il ne fait pas de doute que le binôme Cipri/Maresco demeure la seule apparition notable dans le désert du cinéma italien des années 90. » Olivier Père - Les Inrockuptibles
« Totò qui vécut deux fois est soigné comme du Sokourov et sale et méchant comme une poubelle. » Édouard Waintrop - Libération
« Contrairement à de nombreux créateurs qui paraissent souvent singuliers à un simple niveau anecdotique, Ciprì et Maresco font réellement office de démiurges bâtissant un univers clos et cohérent à nul autre pareil. Une œuvre à découvrir impérativement. » Raphaël Bassan - Bref
Voilà une œuvre évidemment, et intensément cinématographique : sens fordien du cadre, utilisation magnifique du noir et blanc et de la lumière, idées toujours justes et inattendues de la mise en scène, rigueur et cohérence formelles coexistant avec un sentiment de liberté, d’improvisation au sens musical du terme. Les Cahiers du Cinéma
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