LES FRERES QUAY AU FESTIVAL D'AVIGNON EN JUILLET 2008
Night Nursery
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COFFRET CARTONNÉ DEUX DVD
mastérisation et graphisme supervisés par les frères Quay.
courts métrages, interviews, audio-commentaires...
livret couleur 24 pages

Stille Nacht I (88), Stille Nacht II (91), Stille Nacht III (92), Stille Nacht IV (93), La Rue des crocodiles (85), Répétitions pour des anatomies défuntes (87), Le Peigne (90).
STILLE NACHT I: 1988, 1 minute et 21 secondes, noir&blanc, 35 mm.
Une poupée observe par une fenêtre les modifications survenant dans une pièce. D'une boîte métallique se répand un étrange duvet qui ressemble à une cristallisation de glace, tandis que dans la pièce de la poupée les cuillers prennent vie.
STILLE NACHT II: 1991, 3 minutes et 35 secondes, noir&blanc, 35 mm.
Une balle de ping-pong donne vie à une série de créatures qui semblent sortir de Alice au pays des merveilles. Le lapin et Alice portant des bas de laine rayés et tenant une raquette de ping-pong en forme d'ex-voto frappé de l'image du Sacré-Coeur, s'agitent au rythme de la musique.
STILLE NACHT III: 1992, 3 minutes et 30 secondes, noir&blanc, 35 mm.
Un ex-voto avec un Sacré-Coeur est posé sur des bois de cerf. Une main ouvre la porte d'une pièce où il y a une table à 12 pieds ornée d'un crâne d'animal. Un petit canon envoie un projectile que vient ramasser un cuisinier. Un autre projectile explose à partir de deux doigts et s'enfonce dans les testicules d'un cerf.
STILLE NACHT IV: 1993, 3 minutes et 30 secondes, noir&blanc, 35 mm.
Visions anamorphiques d'une table vue d'en haut. Puis réapparaissent Alice et le lapin. Aux pieds de la poupée, posée sur une balance, on recueille du sang. Le lapin, assis sur une chaise longue coupe le fil de la mort.
LA RUE DES CROCODILES (Street of Crocodiles) 1985, 21 minutes, couleur et noir&blanc, 35 mm.
Oeuvre inspirée de Les boutiques de cannelle de Bruno Schulz. Dans un théâtre, un homme regarde le plan de La Rue des Crocodiles à travers un kinétoscope. Comme dans un cauchemar onirique, nous voyons le souffle de la vie frapper les personnages de Schulz dans une ville transfigurée qui ressemble à la Drohobycz décadente et poussiéreuse décrite par l'écrivain. Parmi les personnages des Quay se trouvent l'homme-ampoule et les vis qui donnent vie à une danse extraordinaire.
RÉPÉTITIONS POUR DES ANATOMIES DÉFUNTES (Rehearsals for Extinct Anatomies) 1987, 14 minutes, noir&blanc, 35 mm.
Le film est inspiré du dessin Le Verrou de Fragonard, l'anatomiste neveu du peintre. À l'intérieur d'une pièce aux murs blancs striés de raies noires verticales qui se transforment en codes-barre, la main d'une personne qui écrit remue frénétiquement tandis que tout autour s'animent des figures humanoïdes et inhumaines. Des poupées et d'étranges créatures arciboldiennes faites de ressorts et de fil de fer accomplissent leurs évolutions dans l'ambiance close d'un verrou. Une petite balle remonte des escaliers blancs qui font penser à ceux d'Odessa, pendant que les poupées tout autour jouent mollement, la vision perdant peu à peu de sa netteté.
LE PEIGNE (The Comb) 1990, 18 minutes, couleur et noir&blanc, 35 mm.
Une femme dort paisiblement dans son lit pendant qu'une poupée, venue des confins d'une forêt rappelant les tableaux de Bosh, tente de monter dans sa chambre par une échelle posée devant un trou, sous les yeux d'un personnage aux doigts contractés. Quand la femme se réveille, l'échelle se renverse, emportant la poupée avec elle. Après s'être levée, la femme commence à coiffer ses longs cheveux et se fige dans un sourire énigmatique.
Sur la rampe de l'escalier qui mène à leur studio, une inscription: "devil twins", gravée par une petite voisine visiblement effrayée par la ressemblance confondante entre les deux frères. À l'intérieur, l'atelier ressemble à un croisement entre le Old Curiosity Shop et l'antre d'un alchimiste du Moyen-Age. Les tables et bibliothèques divisent l'endroit en un espace labyrinthique étriqué rempli d'une multitude d'objets: des marionnettes, des miroirs, des bouteilles vides, des appareils photos déglingués, des ouvrages reliés, de vieux membres et des ligaments, des vis et de la poussière…
C'est avec ces accessoires que les Quay donnent vie à leurs films d'animation, en véritables artisans qui construisent tout de leurs mains. Avec leurs scalpels et leurs tiroirs remplis de minuscules matériaux, ils ressembleraient presque à un vieil horloger. Mais leur méticulosité ne les empêchent pas de favoriser hasard et erreurs comme stimulants de leur création.