Dutch Harbor

Dutch Harbor

Braden King et Laura Moya

23 novembre 2005

Etats-Unis - n&b - 1998

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Là où la mer vient s’éteindre.

Un documentaire poétique aux images impressionnistes, envoûtant. A la fois poème au ton méditatif sur un endroit d’une beauté sauvage et effrayante, et documentaire prosaïque sur la vie et les sentiments d’une population qui occupe cet avant-poste américain.

À propos du filmEntretien avec Braden KingInterview croisée avec Laura Moya et Braden King
Un documentaire poétique aux images impressionnistes, envoûtant. A la fois poème au ton méditatif sur un endroit d’une beauté sauvage et effrayante, et documentaire prosaïque sur la vie et les sentiments d’une population qui occupe cet avant-poste américain.

Dutch Harbor est un port qui se situe sur l’île d’Unalaska qui fait partie de l’archipel Aléoutien situé à l’Ouest de l’Alaska…

Historiquement riche d’une influence indigène et russe, l’île a servi de base à l’armée américaine lors de la deuxième Guerre. C’est aujourd’hui l’un des plus importants ports internationaux, à partir duquel les pêcheurs s’aventurent dans la Mer de Béring, affrontant par un froid glacial des vagues de plus de dix mètres. Dutch Harbor a pendant longtemps été considéré comme une contrée sauvage où l’ordre public était réduit à sa plus simple expression, où des pêcheurs travaillaient dur dans des conditions climatiques des plus rigoureuses. Aujourd’hui, la communauté est en pleine transition: la civilisation s’installe peu à peu.

Musique originale de THE BOXHEAD ENSEMBLE – direction musicale Michael S. Krassner
THE BOXHEAD ENSEMBLE est composé de : Will Oldham (Palace), Jim O’Rourke (Sonic Youth), Doug McCombs (Tortoise), Rick Rizzo (Eleven Dream Day), Michael Krassner (Gastr del Sol), Dave Pakovic, Joe Ferguson, Charles Kim, David Grubbs, Ken Vandermark.

Comment est né le projet Dutch Harbor ?
Le film a démarré de façon très impulsive. Laura Moya et moi nous sommes rencontrés à un moment transitoire de nos vies. Nous avions travaillé ensemble lors du festival de Chicago. Elle avait plus une expérience de photographe. Je pense que trois choses se sont passées: la première est que nous avons découvert que nous avions beaucoup en commun quant à nos intérêts créatifs, nos influences . Nous mourrions tous les deux d’envie de faire quelque chose par nous-mêmes parce que nous avions travaillé trop longtemps pour les autres et enfin le fait que, étant entourés par tant de cinéastes, nous nous sommes dit que si ces gens le pouvaient, nous le pouvions probablement aussi. Etre entourés de tant de réalisateurs a en quelque sorte démystifié le processus.
L’idée est venue de Laura. Son petit ami était pêcheur à Dutch Harbor et elle avait entendu des tas d’histoires à propos de cet endroit. Elle avait ce projet de faire quelque chose là-bas, sans savoir si ce serait des photos, un essai en super 8. L’idée m’a d’abord plu au niveau de l’expérience personnelle de vie.
Huit semaines plus tard, nous étions en Alaska et commencions le film. Nous avions trouvé quelques sponsors, Ilford pour la pellicule, Eclair pour une caméra. Nous avons fait le film pour presque rien, à peu près 20.000 dollars, et nous travaillions sur place pour gagner de l’argent.

Est-ce-que le style de ‘Dutch Harbor’ est un choix d’économie plus qu’autre chose ?
La décision, au niveau stylistique, de tourner en noir et blanc, a été assez intuitive du fait de nos expériences et le fait d’avoir cette pellicule offerte a consolidé ce choix. Nous aurions pu filmer les interviews en son direct mais nous ne le voulions pas. En son direct, le son est juste là, il ne vous laisse pas la liberté de flotter dans quelque chose d’autre, ou d’en faire quelque chose d’autre. Nous ne voulions pas non plus filmer les interviews en gros plans sur les visages.

L’autre élément stylistique de taille est la musique du Boxhead Ensemble. Comment est née cette idée ?
Le groupe est né d’une idée du compositeur Michael Krassner qui était un ami du lycée et avec qui j’avais déjà travaillé en tant qu’associé dans le studio d’enregistrement que nous avions à Chicago.
Michael était impliqué dans le projet depuis le début; il avait d’abord essayé de composer des morceaux et fût très vite frustré par le processus. Il trouvait que ce qu’il proposait ne collait pas avec le film. Il eut alors cette idée de réunir un groupe de musiciens pour improviser une musique, sur le modèle du tournage du film, qui d’une certaine façon avait été improvisé. Nous avions appréhendé le tournage plus comme un reportage photo. Nous voyagions sur l’île et notions la liste des lieux que nous voulions filmer sans savoir comment toutes ces images se mêleraient à la fin. Au même moment nous faisions des interviews d’habitants de Dutch Harbor et ce n’est qu’au moment du montage que nous avons commencé à voir comment tous ces éléments se combineraient.
Michael a donc décidé d’imiter ce processus pour l’enregistrement de la musique. A cet époque, Chicago avait une scène musicale importante. Il y avait plein de gens différents faisant des choses intéressantes. Mais c’était une petite communauté où chacun se connaissait. Il était facile de se rencontrer.
Nous avons fait une liste des gens avec qui nous voulions travailler et nous les avons réunis en studio pendant quelques jours. Michael les divisa en groupes de deux ou trois. Nous passions des extraits du film en studio, avions suspendu de grands tirages d’images du film. Nous passions aussi des extraits sonores du film afin de les mettre dans l’ambiance, et d’étoffer les images qu’ils voyaient. La musique a permis une évolution incroyable, quelque chose que nous n’aurions pu concevoir au commencement. Michael Krassner a vraiment fait preuve d’une grande prévoyance dans sa façon de chercher comment combiner ces différentes personnalités musicales et textures pour parvenir au résultat désiré. Tout ceci mené d’une main discrète, comme si cela se produisait naturellement, ce qui est très loin de la vérité.Lors de la tournée, l’accompagnement musical suivait deux pistes: un accompagnement live du film et une autre session après, une improvisation en réponse au film.

En arrivant à Chicago, y avez-vous rencontré une ‘communauté du cinéma’ dont vous ayez fait partie, ou vous sentiez-vous plutôt seul ?
A Chicago je faisais toujours plutôt partie de la communauté musicale. C’est une des raisons pour lesquelles je me suis installé à New York après ‘Dutch Harbor’. J’avais l’impression de faire des films dans un certain vide. Ça a ses avantages, je me sentais très libre de faire ce que je voulais mais en même temps, j’avais le désir de partager ça avec d’autres, une sorte d’infrastructure cinématographique. Si j’avais vraiment voulu être totalement indépendant, Chicago aurait été le bon endroit, mais je m’y sentais un peu isolé.

Quand vous êtes arrivé à New York, y avez-vous en effet trouvé une famille? Beaucoup de gens critiquent New York, parce que ce mythe de famille du cinéma ne se réalise en fait jamais.
Cela a deux aspects. Il y a bien une ‘scène cinématographique’ à New York où je me sentais beaucoup plus à l’aise qu’à Chicago car les gens que j’y ai rencontrés, qu’ils viennent du documentaire, de la fiction ou du cinéma commercial, étaient sur la même longueur d’onde que moi: trouver une façon d’obtenir que les choses qu’ils avaient envie de faire se fassent. Ils ne passaient pas six mois à en parler, à essayer de signer avec un studio. C’est l’un des aspects.
L’autre aspect est que, paradoxalement, étant indépendant, vous passez tellement de temps à faire aboutir les choses que vous finissez par vous enfermer pendant des mois. Donc c’est vrai, il y a bien une communauté, mais tout le monde est si occupé que c’est souvent difficile d’ échanger des choses.

Comment est né Dutch Harbor ?
Le film a démarré de façon très impulsive. Laura Moya et moi nous sommes rencontrés à un moment transitoire de nos vies. Nous avions travaillé ensemble lors du festival de Chicago. Elle avait plus une expérience de photographe.
Je me souviens d’une situation particulièrement délicate où à Zurich, nous devions présenter le film avec un accompagnement live, mais nous n’avions pas encore essayé et nous devions le faire le soir même.
Michael s’est mis au travail, a dressé une liste d’images et de séquences clefs et a donné a chaque musicien un numéro. Une fois le film lancé, il appellerait une combinaison de musiciens pour une séquence donnée par ce système de numéro (1, 6, 4 serait Will Oldham, Mick Turner, Jim O’Rourke).
Le résultat fut une des plus belles et émouvantes représentations du film. Nous étions à présent capables de présenter une version totalement nouvelle du film, dans un contexte qui ne pourrait jamais être reproduit. J’avais vraiment l’impression que nous avions abouti à une situation où se mêlaient un certain nombre d’événements et une incroyable énergie grâce à laquelle on accède parfois entre les membres d’un groupe et son public à une relation exceptionnelle. A mesure que la tournée progressait, et que les membres du Boxhead Ensemble se familiarisaient avec leur rôle individuel, nous sommes devenus de plus en plus aventureux dans notre façon de croiser la bande son du film et l’interprétation live. J’ai commencé à traîner autour de la table de mixage, sur laquelle nous avions branché le projecteur audio, et je mixais des bribes de dialogues ou un passage musical ici ou là, auxquels les musiciens pouvaient réagir ou qu’ils pouvaient accompagner.

Qui étaient alors les membres du groupe ?
Il y avait une douzaine de personnes. Will Oldham, Ken Vandermark, Jim O’Rourke, Doug McCombs (Tortoise), Rick Rizzo (Eleven Dream Day), Dave Pakovic, Joe Ferguson, Michael Krassner (Gastr del Sol), Charles Kim, David Grubbs…

Comment le film a-t-il été reçu au début ?
Nous avons envoyé des cassettes à plusieurs festivals et avons été rejetés de partout. Le film a en fait commencé à voir le jour lors de la tournée que nous avons fait avec le Boxhead Ensemble. Ce fût vraiment une sorte d’accident. Nous n’avions jamais pensé distribuer la musique, ce n’est qu’une fois le mixage fini que le résultat nous en a donné l’idée.
Quand elle est sortie, ça a vraiment démarré. On a eu plein de bonnes critiques et à ce moment plusieurs des musiciens n’avaient jamais réellement joué ensemble. Il y a eu une sorte de ‘buzz’.

Nous avons fait une liste des gens avec qui nous voulions travailler et nous les avons réunis en studio pendant quelques jours. Michael les divisa en groupe de deux ou trois. Nous passions des extraits du film en studio, avions suspendu de grands tirages d’images du film. Nous passions aussi des extraits sonores du film afin de les mettre dans l’ambiance, et d’étoffer les images qu’ils voyaient.

Et comment cela s’est-il passé par rapport au film ?
Nous avons été invités à présenter le film dans un festival près de Bruxelles et les organisateurs voulaient présenter une performance du Boxhead Ensemble après le film. Pour rendre cela financièrement viable, il nous fallait avoir d’autres dates pour pouvoir payer nos frais. Cela s’est terminé par une tournée de 24 dates avec un groupe de musiciens changeant quotidiennement en fonction des emplois du temps de chacun.
C’est comme ça que le film a commencé à être montré et étrangement, c’est à partir de là que les invitations pour les festivals ont commencé à arriver.
Le premier à nous inviter a été le London Film Festival.

Avez-vous été invités par un festival qui vous avez précédemment rejeté ?
Oui. Le festival de Rotterdam.

Alors que le film et sa bande son suivaient leur évolution, il en était de même pour Dutch Harbor. Dans les deux ans qui suivirent la réalisation du film, les routes de Dutch Harbor ont été pavées, des codes de construction ont été instaurés, et le Burger King le plus occidental au monde s’est ouvert.

‘La vie reste crue là-bas, vous devez juste mieux le chercher. Les gens se battent toujours dans les bars, prennent du crack, gagnent beaucoup d’argent, et se noient dans la mer. C’est juste devenu plus une exception qu’une règle’ .

(d’après un entretien avec le magazine Wiselephant)

Quand vous avez décidé de faire un film sur Dutch Harbor, vous n’en saviez pas grand chose, à part quelques histoires rapportées par votre ami Mark Hopkins qui était pêcheur là-bas. Quelles furent vos premières impressions ?

LM : Atterrir à Dutch Harbor, c’est comme atterrir dans un autre monde. Même après avoir vécu en Alaska, cela paraissait plus austère, plus spectaculaire que tous ce que j’avais pu déjà voir. Il y a un tel contraste entre la nature et l’industrie que l’on y trouve. Nous sommes arrivés en novembre, c’est déjà presque l’hiver là-bas et comme il n’y a pas d’arbres, il n’y a pas de couleur automnale. Même en plein jour, il se dégage quelque chose d’inquiétant et de mystérieux.

BK: Je me souviens que Laura et Mark sont venus me prendre à l’aéroport et que nous sommes directement allés sur le bateau où Mark travaillait. J’étais assis à l’arrière du camion, c’était la fin d’une belle journée et je regardais défiler le paysage, les bateaux, la neige, et c’était déjà un film, c’était immense.

Combien de temps vous a-t-il fallu avant de commencer le tournage ? Comment avez-vous choisi les gens que vous alliez interviewer ?

LM : Nous avons passé beaucoup de temps à nous occuper de logistique, il était impossible de trouver une maison, il n’y a pas beaucoup de maison et tout est très cher. Nous avons d’abord vécu dans un dortoir, puis nous avons finalement trouvé une baraque à sous-louer pour six semaines. Comme nous n’avions pas de voiture, nous passions du temps à faire du stop, essayant de rencontrer des gens à qui parler du film et à explorer l’île, à découvrir les lieux et voir ce qui pourrait fonctionner cinématographiquement. Nous avons passé pas mal de temps à chercher un bateau sur lequel filmer pour finalement abandonner cette idée impossible. Nous n’avons pas commencé à filmer avant quatre semaines. Beaucoup des gens que nous interviewions étaient très serviables et n’avaient pas de réticence à se faire enregistrer. Mother Gromoff était un peu plus méfiante.

Nous avons commencé par lui rendre visite, en buvant du café et en faisant des blagues, alors elle s’est détendue et nous a laissé l’enregistrer. Buck était très disposé à nous raconter ses histoires mais ne voulait pas être photographié. La plupart des personnes interviewées n’auraient pas été à l’aise si nous les avions filmées. C’est pourquoi je pense nous avons eu de bonnes interviews. Le fait de ne pas se soucier de leur image les mettait à l’aise.

BK: Après six semaines dans notre baraque, nous avons convaincu “Le Grand Aleutian Hotel” de nous autoriser à nous installer chez eux pour le reste du tournage. C’était un hôtel de luxe, du moins pour Dutch Harbor, et nous leur avons dit que nous les mettrions dans les crédits et que cela attirerait d’autres gens à Dutch Harbor. L’hôtel n’était qu’à moitié plein, ce n’était pas grand chose de nous laisser deux chambres, mais c’était amusant de vivre dans cet endroit, à garder du pain, du lait et du fromage sur le bord de la fenêtre car les repas étaient trop chers à L’hôtel. Le choix des gens à interviewer a été très intuitif. Nous avons rencontré autant de gens que possible puis fait un choix. Les gens étaient un peu méfiant au début, mais quand ils ont compris que nous allions être là un moment, que nous avions un certain engagement, et n’étions pas là juste pour collecter quelques histoires sensationnelles sur la pêche au crabe, alors ils se sont ouverts et nous ont accueillis.

Comment avez-vous décidé du tour que prendrait le film et quel en serait le sujet?

LM: La rencontre et l’interview de Buck Roger a été déterminante. C’était tellement intense d’entendre cet homme qui était là depuis si longtemps et n’envisageait pas une seconde de partir. Beaucoup des sentiments exprimés par Buck se retrouvaient chez les autres. Des gens pensifs face à un lieu qui changeait si vite et qui exprimaient un important sentiment de perte.
Rien n’était clair au début. Notre première idée était de filmer la vie sur un bateau de pêche. Lorsque cela s’est avéré impossible et tandis que nous entendions les gens nous raconter leurs histoires, notre centre d’intérêt a changé. Le montage a été un moment décisif. Nous avons vraiment dû réfléchir à ce qu’était notre sujet.

BK: Tout s’est fait de manière très organique. Nous avions fait une liste des lieux que nous voulions filmer et nous allions tourner sans bien savoir comment nous utiliserions cela après.

Nous avions tous les deux une certaine expérience en tant que photographe de plateau et c’est je crois un peu de cette façon que nous avons abordé les lieux. Puis à un moment il nous a semblé que nous avions assez de matériaux et nous avons arrêté le tournage. Nous nous sommes alors lancé dans le montage. Nous avions dérushé de petites scènes et monté des parties d’interviews et il fallait lier ces petits modules entre eux. La musique a alors joué un rôle déterminant. Elle avait été enregistrée avant que le film soit fini et elle nous a aidé à tout assembler.

Le film parle de l’évolution d’un lieu, d’un monde. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que Dutch Harbor ne soit rattrapé par la civilisation. Est-ce quelque chose qui vous préoccupe?

LM: Oui, d’un point de vue personnel, je suis toujours attristée quand des communautés avec des identités fortes disparaissent au profit de quelque chose de plus global. Qui voudrait vivre dans un monde où tout le monde a perdu ses racines, pour quelque chose du plus général et pas forcément mieux.

BK: Je crois que pour moi cela est toujours présent de manière inconsciente et moins en tant qu’engagement politique. Je suis très intéressé par les transitions, les changements, l’ancien faisant place au nouveau, et j’éprouve une pointe de sentimentalité envers les choses et les lieux qui restent involontairement authentiques. Et il est toujours triste de voir un lieu installé depuis des années, un bar là depuis 70 ans avec une âme construite au fur et à mesure des années, disparaître au profit d’une chaîne de restaurants anonymes. Et je pense que ces préoccupations doivent se retrouver dans mon travail de cinéaste.

Avez-vous eu des nouvelles des gens que vous aviez rencontrés depuis 1998 ? Quelles ont été leurs réactions au film ?

LM : Nous sommes retournés montrer le film à Dutch Harbor. Cela a produit un ensemble de réactions très diverses allant du ‘Quel extraordinaire portrait de Dutch Harbor, c’est exactement ce que j’y ai vécu!’ à ‘Ce film est un portrait faux si sombre et déprimant de notre communauté ! Que faites-vous des fleurs sauvages au printemps, des enfants cueillant des baies…’

La réaction à Dutch Harbor a été très différente à la réaction ailleurs en Alaska. C’était un portrait spécifique d’un lieu très intense, et les personnes qui vivaient là et dont c’était le quotidien l’ont ressenti d’une manière très forte. Ce qui nous semblait important, c’était que les gens en discutent. Tout le monde ne l’a pas aimé, mais ça a lancé des discussions.

Nous sommes restés en contact avec Carolyn Reed pendant plusieurs années après le tournage. Mais durant les deux années entre la fin du tournage et notre retour pour le montrer, tant de choses se sont passées. Buck Roger et Mother Gromoff sont morts, les routes ont été pavées et l’église a été restaurée.
Mais ce ne sont que quelques éléments de plus qui témoignent de la rapidité avec laquelle les choses changent là-bas et du fait que notre film n’est qu’un instantané dans la longue histoire de Dutch Harbor.

BK: Il est intéressant de voir que plus nous nous éloignions de Dutch Harbor plus les réactions au film étaient philosophiques. Les lieux devenaient suffisamment lointains pour que les réactions se fassent plus à un niveau métaphorique et poétique.

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